BURN OUT

Lorsque j’ai été licenciée de mon ancien job dans la communication, je vivais à un rythme de 150%.
Je bossais énormément, à des horaires très matinaux et très tardifs, parfois les deux dans la même journée.
Je gérais une quantité de responsabilités, de pression, d’égos, de stress et de charge de travail que je considère maintenant comme … absurde.
Je gérais surtout quotidiennement l’ingérable : l’imprévu constant, le rush constant, les crises, les humeurs et tempéraments, les lubies, bref …. je travaillais dans la comm.
Et de surcroît, j’exigeais de moi la perfection dans tout ce que je faisais : mon management, mes missions, chaque e-mail rédigé, ma tenue vestimentaire, ma ponctualité, etc.

En parallèle, je profitais alors du tourbillon de ma vie de célibataire parisienne.
A savoir beaucoup de sorties, soirées, une vie sociale intense, de restos, de bars, d’after-works, etc.

En résumé : j’avais un rythme bien trop soutenu et je supportais bien trop de pression au quotidien.
Par ce que ça, supporter, encaisser le stress, assurer et être tenace, c’était mon truc.
J’étais valorisée pour ça et j’en étais fière.
Je prenais ça pour une de mes grandes forces.

Je subissais donc une grande pression intérieure (auto-pression) et extérieure (professionnelle, sociale).
Pas du tout en accord avec ma vrai nature, sauf que je voulais pas (encore) le voir.

Je l’ai quelque part toujours senti mais je n’était pas mûre pour l’entendre.
Et surtout j’avais vraiment besoin de vivre les choses de cette façon à ce moment là.
Je suis très heureuse que ça se soit passé ainsi.

Lorsque j’ai été licenciée de mon ancien job, j’étais clairement entrée en burn out.
Mais je ne le savais pas.

Pourtant … je pleurais quasiment tous les jours.
C’est le principe même du burn out … on ne le voit pas.
Et on s’enlise.
Pourtant j’avais eu des alertes, des messages et même des « interventions » de mes proches (à la How I Met Your Mother vous voyez?).

A l’époque (OMG j’utilise « à l’époque »)le terme « burn out » n’était pas encore si répandu.
Je dirais qu’à ce moment j’avais glissé dedans à 50%.

Je vous épargne toutes les caractéristiques type du burn out, dans lesquelles je me situais.
Je passe aussi sur mon profil de bonne élève ultra impliquée, méga consciencieuse, bosseuse, maniaque de la perfection qui était le terrain parfaitement fertile et propice pour que ça m’arrive.
Ce n’est pas l’objectif de ce texte (mais je pourrais vous en parler dans un autre si ça vous intéresse).

Après mon licenciement,
S’en est suivi une longue période de … vide.
Je suis passée d’un sur-régime à un sous-régime.
D’un extrême à un autre.
Sans aucune période de transition entre les deux.
Boum.

Je suis donc entrée dans une période d’errance et de désertion intérieure et extérieure.
Quand la pression se de-pressurise.
Cette phase de de-pression à duré 6 mois environ.

J’ai eu un mal fou à lâcher.
J’ai lutté.
Je me suis débattue.
J’avais peur.

Je devais trouver et répondre au après.
Alors que le présent était vide.
Je pouvais passer des journées entières en pyjama enfermée chez moi à … rien.
A comater, regarder des séries, dormir … même lire était trop sollicitant.
C’est plus ou moins tout ce que je pouvais faire.
Les neurones grillés, le corps épuisé, le coeur vidé.

Et puis j’ai réussi doucement, à force de sommeil, de repos, de bienveillance et de soutien de mes proches, à refaire surface.
A accepter mon état tant bien que mal.
Même si le « et après ? » me collait à la peau, exigeait des réponses et me faisait peur (je devais choisir entre retravailler dans la comm’ mais j’avais envie de vomir rien qu’en l’évoquant … et me diriger vers mon rêve d’accompagner des personnes)
J’ai réussi à me reconnecter à moi.
A reprendre doucement mon souffle (au bout de 6 mois environ).

Ce burn-out m’a offert un cadeau inestimable.
En fait il m’en a offert plusieurs, mais celui dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui c’est le suivant.
Le cadeau de transformer mon rythme intérieur.

Lorsque j’ai repris mon souffle et que j’ai refait surface.
Je me suis aperçue au fur et à mesure que je n’étais plus capable de faire autant, de faire aussi vite.
Et surtout que j’étais devenue viscéralement allergique au stress, à la pression et à la rapidité.

La Caroline qui transformait des lieux parisiens historiques en salles de cinémas et dance floors et qui  gérait des soirées de 500 VIP avec escortes policières sans problème … se mettait maintenant à pleurer parce qu’elle avait trop de mails à traiter dans la journée, à avoir mal au ventre parce qu’elle avait un délais pour rendre un seul document.

Au début je me suis débattue, j’étais en colère contre moi, je n’ai pas compris.
Je ne me reconnaissais pas.
Ca m’a fait peur.
Je me sentais « minimisée ».
J’avais l’impression qu’on m’avait volé une partie de moi.
J’ai eu peur de me voir perdre en capacité, en efficacité, en performance.
J’ai eu l’impression d’être trahie par moi même et de ne plus être fiable.
Mes repères d’avant n’existaient plus.

Et puis j’ai compris.

J’ai physiologiquement été transformée par ce burn out.
Biologiquement modifiée dans ma réaction au stress, à la pression et au temps.

La Caroline qui pouvait traiter en simultané 5 dossiers en switchant de l’un à l’autre toute la journée, tout en répondant toutes les 10 min aux questions de son équipe, réagissait aux urgences et imprévus en un tour de main en absorbant le stress, en courant partout, etc. ….
À cédé la place à la Caroline qui est aujourd’hui parfois fière d’elle lorsqu’elle a réussi à traiter un sujet dans la journée.

Alors j’ai compris que ce que j’avais d’abord pris comme de la fragilité, de l’incapacité était en fait une métamorphose.
Puisque mon corps avait toujours une réaction aussi forte et immédiate au stress et à la pression, j’ai décidé de l’écouter et de m’ajuster à sa sagesse.
J’ai mis du temps à l’accepter et à l’écouter totalement.
Parfois je me fais encore rattraper et piéger, à essayer de me faire faire trop de choses ou à m’auto-imposer des délais trop serrés.

Mais, bientôt 5 ans après, mon rapport au temps, à la pression et au stress est définitivement transformé.
J’ai besoin de prévoir beaucoup de temps pour tout.
D’avoir de l’espace de qualité à consacrer à chaque « tâche ».
D’avoir des plages horaires larges sans rien de prévu.
Sinon j’étouffe, mon corps se met en état d’alerte et je suis en détresse très rapidement.

J’ai besoin de to do list réduites d’au moins 60% par rapport à ce que je pouvais faire avant, sinon je bug, je me sens oppressée, je stress, je me renferme et je ne fais rien du tout.
Besoin de limiter et d’être vigilante, au quotidien, à tous les facteurs stress possibles.
Sinon je suis capable de me laisser surmener par des trucs vraiment simples et « stupides ».
Quand d’ailleurs c’est le cas, c’est le parfait indicateur qui me dit que je suis entrée en zone rouge et qu’il faut que j’arrête.

Je suis tellement reconnaissante d’être comme ça aujourd’hui.
Ca me demande une écoute et une attention constantes de mes besoins.
Je n’arrive quasiment plus à me forcer.
Ca devient physiquement impossible.
Ca m’a aussi appris la flexibilité, dans l’agenda et par rapport à mes engagements (pro et perso).
Moi qui portait haut fort les valeurs respect & loyauté, qui les appliquait coûte que coûte vis à vis des autres, maintenant je me les applique à moi avant tout.
J’ai compris que j’étais prioritaire sur … tout (ou presque), et que si mon corps me disait non, alors c’était non et je respecte ça.

Je suis différente.
Et j’aime cette version de moi qui m’apprend encore plus le temps qualité, les instants suspendus, les vertues de ralentir, d’en faire moins, de découvrir la « lenteur » et de la déguster.
Quelque part, ce burn-out m’a reconnectée à moi, à mon véritable rythme intérieur.
Evidemment ce rythme évolue chaque jour, il y a des fois ou je suis capable de faire beaucoup de choses en très peu de temps, ou de faire preuve d’une grande capacité de travail, mais même dans ces moments là je glisse des temps de pauses, des respirations et je vérifie si c’est bien ok pour moi.

Dans tous les cas, mon corps me fait immédiatement signe si c’est trop, et je fais le choix de l’écouter.

Alors merci à cette expérience de vie.
Et bienvenue à cette « nouvelle » Caroline Tortue.
(Y’a pas d’ailleurs Caroline la Tortue dans le BD Boule & Bill ?)

=> Et vous, avez vous vécu des burn-outs ? Qu’est ce que ça a changé en vous ?
Si ce sujet vous intéresse il m’a apporté de nombreux autres cadeaux que je peux vous partager aussi, dites- le moi en commentaire. 🙂

Crédit Photo : @Fanny Combes Photographie
Shooting pour la Maison Mix Melo l’hiver dernier, qui m’a rappelé mon ancienne vie vestimentaire.

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