EGO ISME

EGO ISME

Ça revient à mes oreilles. Depuis plusieurs années. Par plusieurs bouches. Proches, les bouches.

Egoïsme. Je le définis par le fait de penser à soi, à son avantage personnel, avant parfois celui des autres.
Alors si je suis ce raisonnement, oui. Oui je suis égoïste.

J’ai appris à le devenir. J’ai appris à penser à moi. J’ai appris à me prendre en compte. J’ai appris à ne pas m’oublier. Et j’apprends à m’aimer.

Parce que justement. Justement j’ai été caméléon. J’ai été tournée vers l’autre. Totalement. J’ai même été l’autre. Et que je me suis perdue.

Alors lorsque je me suis retrouvée je me suis promis que je ne me perdrais plus. Et cette promesse à moi-même vaut tout. Parce que si je la romps, je me romps.

Seulement, ce mot me percute. Injustement.

Parce que nombreux sont ceux qui n’ont pas choisi d’aller au cœur d’eux même, d’écouter leurs besoins et leurs envies. Les vrais. Pas ceux qui font jolis, qui font plaisir aux autres, qui sont polis et lisses et donnent une bonne image de soi, bonne conscience. Une image « généreuse » et soi-disant « altruiste ».

Parce que pour moi la vraie générosité commence par soi. Se tourne vers soi. Sinon c’est une générosité faussée, déguisée, dirigée uniquement envers l’autre. L’autre qui devient un substitut à ce qui nous manque. Parce que chaque véritable mouvement ne se transmet et ne se vibre totalement et réellement que lorsqu’il est d’abord intégré envers soi-même, en soi, dans chaque cellule.

Alors à vous, toutes ces âmes qui avez appris à passer les demandes, les remarques, les propositions, les événements, les mots de l’extérieur au prisme de votre cœur, de vos envies et de vos besoins dans l’intention d’être au plus près de vous-même, au plus juste et au plus authentique. Vous qui avez appris à dire non, à changer d’avis, à ne pas avoir envie, à être trop fatigué, à ne pas le sentir, sans vous justifier.

A vous qui prenez toujours cette seconde pour ressentir à l’intérieur si c’est juste pour vous.

Et surtout à vous qui respectez la réponse. Même si elle est difficile, désagréable, moche, inattendue, déconcertante, terrifiante.

Remerciez-vous. Félicitez-vous.

Parce que vous avez le courage. Celui de vous rencontrer, de vous respecter, de prendre soin de vous et de vous assumer totalement. Aux risques de vous exposer aux préjugés, aux regards, aux interrogatoires, aux incompréhensions et aux jugements des autres et de cette société. Parce que vous dérangez, vous dérangez toutes les personnes qui ne sont pas sur ce chemin de conscience de soi, qui ne savent pas prendre soin d’elles, tout comme vous éveillez et ouvrez la voie à d’autres.

Parce qu’en prenant soin de vous, en devenant cette version de vous authentique, rayonnante et vrai vous vous dépecez de ces peaux que chaque proche, chaque collègue, chaque parent, chaque ami attends de vous ou projette sur vous. En prenant soin de vous, vous refusez ce jeu qui vous éteindra, qui vous étouffera et vous perdra.

Ce jeu de la bienséance, de l’image du bon samaritain, du martyr qui se sacrifie pour les autres. Ce jeu bien plus valorisé et facile à faire, qui vous coupe de vous-même. Ce jeu uniquement tourné vers les autres, le collectif, dans cette société qui ne valorise pas encore le temps passé pour soi, avec soi, et la construction de soi.

Seulement, le collectif est le reflet de l’individuel. Le reflet de votre intérieur. Donc votre propre reflet.

Alors en prenant soin de vous, vous prenez soin de ce collectif.

En prenant soin de vous, de vous reconstruire, vous aimer et chercher de la paix en vous, vous vibrez et vous diffusez ces notions dans le collectif.

Alors NON. Penser à penser à vous en toutes circonstances ne fait pas forcément de vous quelqu’un d’égoïste.

Prendre soin de vos conflits intérieurs, peurs, blessures, limites. Plonger à la rencontre de vos souffrances et parts d’ombres. Faire ce voyage qui demande force, courage, patience, humilité. Faire cette plongée intérieure est l’un des plus beaux cadeaux que vous puissiez faire aux autres et à cette planète.

Parce qu’en ne vous oubliant pas, en étant fidèle à vous-même et en vous respectant quoi qu’il en coûte, vous vie-brez ce que vous êtes vraiment. Vous vibrez de plus en plus fort, de plus en plus juste et que cette vie-bration profite à tous et à tout.

Parce que si chacun a le courage de faire ce que vous faite l’humanité et le monde se portera bien mieux.

Alors ne laissez pas ce mot vous atteindre. La première personne à aimer c’est vous et vous êtes en chemin. Respectez-vous, respectez ce choix et honorez cette voie courageuse et altruiste que vous avez emprunté : l’amour de soi.

Continuez à être des « égoïstes » citoyens. Des « égoïstes » éclairés.
Caroline Durand